mardi 17 juin 2008

Jardins


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Je me souviens quand arrivé de France, je ne pipais mot de ce que disait ma famille espagnole.
Un mois plus tard, dans une boite de nuit, ce mot de la sublime Maria : "mais tu es français, je l'aurais jamais deviné !".
Le parcours Genova-Toulouse (13h) et dans un compartiment paroles italiènnes avec la personne d'en face jusqu'a ce que presque arrivés on s'apperçoive qu'on était français tous deux ... :-)
Mon plaisir comme l'autre jour où j'aidais un couple d'espagnol à se dépatouiller à la Poste. Vu comme ils me parlèrent ils pensaient que j'étais espagnol (tellement de vitesse et d'éludations, faut suivre!).
A environ 13 ans je ne comprenais pas un mot de mes grands-parents, qui jamais ne parlèrent français. Big problème, pourquoi alors que ça ne m'avait jamais posé problème, d'un coup ol me fallait réfléchir pour comprendre ma seconde langeue, le catalan? Actuellement, même si je le comprends naturellement, il m'est difficile de le parler, ma soeur est bien plus habile que moi pour ça. Pourtant c'est une langue qui me manque, tellement fluide. Et toujours je me souviendrais de ces mots, dis en catalan, de mon grand-père : "Quand je suis arrivé en France, jai été manoeuvre-maçon. On me faisait porter les seaux de ciment jusqu'en haut de l'échelle. Quand j'ai été là haut, jamais je n'ai injurié celui qui porte. N'écoute pas les autres, respecte les". Dire ça à un enfant de 6 ou 7 ans il fallait oser. N'empêche c'est resté gravé dans mon esprit, tout comme ces moments où nous allions à son jardin, ne rien faire du tout. Dans sa cabane délabrée, regarder le temps passer, écouter le bruit du ruisseau tout au bout, sans un mot.
Je me souviens de ton regard absent, jouant avec un bouchon alors que la fureur de paroles familiales se déchainent tout autour. Patience infinie, tu m'as appris. Ne pas réagir à l'action. Uniquement agir selon sa propre volonté, tu l'as bien mérité ton nom, Angel. MERCI.

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