jeudi 19 juin 2008

Fruits

Avec une large révérence, les mots d'un ami, à une amie à lui. Il fait son modeste, il n'écrirait pas bien et culpabilise de plagier la pensée des autres. Je lui réponds rigolard que nous en sommes tous là, partant dans un court discours, défense du squatt :-)
"Vous connaissez les nèfles ?
C'est un joli fruit plutôt rond et lisse au toucher qui ressemble vaguement à un abricot, en plus clair.
L'arbre, malgré sa faible taille, prodigue une ombre fraîche grace à ses feuilles d'un beau vert saturé : Elles sont larges et épaisses; lisses, elles aussi, sur la face extérieure, leur face cachée se révèle plus claire; le doigt qui glisse sur cette surface presque grise croirait reconnaître du velours contrastant avec le vernis de la face externe.
Les nèfles poussent en grappes de trois ou quatre fruits à moitié cachées sous les feuilles protectrices. Il faut être patient car le fruit mûrit lentement. N'hésitez pas à tendre le bras pour saisir délicatement entre les doigts chaque fruit. Le cueilleur expérimenté distingue de l'oeil d'abord, puis d'une très légère pression - ne l'abîmez surtout pas ! le fruit déjà mur : sa peau se colore de quelques taches plus sombres et ce discrètement sous la pulpe des doigts.
Arrivé là , c'est déjà beaucoup, mais le meilleur est à venir. La nèfle se laisse déshabiller calmement : décollez un à un des lambeaux de cette peau douce mais non comestible, comme vous effeuilleriez votre partenaire de quelques gestes tendres mais décidés. Le suc qui goutte est un peu épais et collant, prometteur de sensations sucrées !
Il ne reste plus qu'a déguster : on mord à pleines dents et l'odeur accompagne le goût. Le palais a beau chercher un fruit au goût comparable, la nèfle reste à la fois si semblable à d'autres fruits et si unique, sucré mais jamais à l'excès, acidulé sans être acide.
Attention ! Les pépins enfermés parfois jusqu'à quatre dans leur logement sont gros comme des fèves et lisses eux aussi. La chair pourtant si convoitée ne dépasse guère un centimètre d'épaisseur. Le goût reste quelques instants en bouche puis s'évanouit lentement. Le gourmand ne pense alors qu'à une seule chose : recommencer aussitôt !
Vous aimez les nèfles ?

Pour Evelyne, qui n'a peut-être jamais mangé de nèfle.
Jeudi 19 juin 2008 - Didier F."

Il me fait beaucoup rire, lui professeur d'alemand dont je ne pipe mot. A l'esprit d'un souplesse et une étonnante vivavicité bienveillante.
Saluts bien bas à toi, Didier.

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