mercredi 4 juin 2008


A coté, rue Gabriel Péri une énorme machine a creusé une longue tranchée. Gravats, cailloux, quantité d'hommes en tenue fluo. Surpris parce que tout était clean au matin je demande ce qui se passe, si je dois m'attendre à une coupure d'eau. Un ouvrier me répond gentiment et d'une façon documentée.
Devant le "café populaire", un bordel pas possible et deux jeunes femmes qui récitent, rigolardes du Montaigne !
Ces mots de Stefan Zweig : "Que malgré sa lucidité infaillible, malgré la pitié qui le bouleversait jusqu'au fond de son âme, il ait dû assister à cette effroyable rechute de l'humanisme dans la bestialité, à un de ces accès sporadiques de folie qui saisissent parfois l'humanité (...)".
La poésie, longtemps je pensais que ce n'était qu'une chose réservée aux fille pré-pubères. Un truc mou et douçâtre, exalté et romantico cul-cul-la praline. Bien sûr je me trompais. C'est une lentille, des lunettes qui permettent de voir et comprendre le monde d'une manière fine. D'accepter son humanité au delà de toute rationalité bien-pensante. La poésie est la respiration de l'esprit, de la pensée. Les gens me semblent plus beaux et je les acceuille plus facilement, simplement. Elle permet de regarder l'autre comme une oeuvre unique.
Le bruit des pas des femmes en talons dans la rue et les charmeuses qui bloquent l'entrée du collectif. L'appart d'en face entame une Nième partie de cartes avec force commentaires. Eclats de voix dans un parler inconnu et lourde musique venant dont sait où. C'est bien ce que je pensais, ici, c'est un des coeurs du monde. On y voit des abysses, des étrangetés et des beautés incroyables. Je pense à Alexandre et son voyage à Siwa où il demanda à l'oracle s'il était bien le fils d'un dieu, qu'il vint voir Diogène Laërce qui lui opposa un ironique, souriant et profond "ôte-toi de mon soleil". Une telle réponse fait bien vite revenir sur terre :-) .
Ah, non je sais maintenant, c'est de la musique japono-mignonne donc : en dessous. (lol)

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