Un des acte qui m'a depuis longtemps semblé intéressant est la répétition. Cette idée stupide m'étant revenue en un souvenir net: La sensation rassurante que j'avais, jeune enfant à refaire, refaire, refaire, refaire refaire, ... un même geste. L'image de bébés singes répétant/apprenant de leur mère pendant des jours et des jours. Tentant de refaire un geste. Cela devait avoir un sens... Il semblait qu'a ces moments ce structurait fortement la mémoire, la pensée, par la répétition. Un schème fondamental de la pensée।
Soudain, par un de ces bizarres saut de mon esprit j'en vins à penser à la première fois. :-) L'évènement qui au contraire est fondateur par sa simple présence, dont l'ordre est l'unité। Le premier d'une liste dans laquelle ils ont tendance à se fondre. L'unique.
Du coup je proposais autour de moi ce projet, une minimaliste question ouverte:
"La première fois c'était comment,quoi?"
Quelques histoires, uniques:
"Nous sommes tombés-collés dans le bar d'à coté, derivés ensuite en balade vers un cinéma à coté.
Un Film de W. Disney. C'était pas Bambi mais presque. Je saurais dire lequel mais jamais ne raconterai ce qui c'est passé dans la travée.
Le week-end suivant on partait à tout un groupe faire du ski.
Au soir revenus au refuge, manger et etc...
Tard couché je m'écrasais sur ma couche.
Dans la nuit, venant d'un autre dortoir , M. se glissa dans le lit. Difficile d'être discrets.
Le plaisir d'être l'un avec l'autre entraîne automatiquement un minimum de mouvement non? A un mètre notre professeur de mathématiques, de l'autre coté le copain hollandais...
Si ma prestation ne fut pas... (boh!). Par la certitude innocente du plaisir j'ai ri, on a ri, les réveillant tous! Puis endormis cote à cote.
Au matin, devant l'assemblée, la table commune du petit déjeuner, nous sommes fait engueuler pour avoir partagé le lit, c'était totalement interdit et jamais devait se reproduire!!!!!
Devant notre sourire, personne n'a rien dit :-)"
LJS
"La première fois, comme toutes les premières fois de la vie,
Je suis à la frontière.
Entre le vide et le plein
Le tout et le rien
La peur et l'envie
Le pas et la fuite.
Mais dans ce formidable chaos, mon coeur est blotti là,
Entre ses bras aimants , l'essentiel est là.
Du haut de mes 15 ans,
l'Amour est là,
Partagé.
Première fois réservée à l'autre,
Premier choix assumé,
Partagé encore.
Je m'en remets à lui et au secret de mon corps.
Le seul plaisir est là, sentimental.
Le corps attendra tous les autres plaisirs
à venir.
Son amour et sa délicatesse,
Ma première douche avec un homme,
Mes premières questions de femme.
Comme toutes les premières fois de la vie, disais- je,
Je suis à la frontière de la vie et la mort,
Aussi petite soit- elle."
Iman"Allez, arrête ! La première fois ? C'est pas sérieux, quoi. Il a fallu que je réfléchisse. J'arrivais plus à savoir avec qui c'était.
Confusions, chronologie, anachronisme. Je crois bien qu'elle s'appelait Nadine et elle avait une poitrine à faire damner tous les seins, euh pardon saints de la Terre. (Oui, facile mais ça ferait bien une chanson, ça. Pas vrai ?)
Oui, souvenirs d'été, d'air de la montagne, d'altitude et d'oxygène, de soleil et de champs en friche à l'abri des regards derrière des haies : la première fois - non, d'abord c'est LES premières fois - on a pas vraiment le sentiment d'assurer alors on va pas faire "ça" devant tout le monde, non ?
Pourtant ma propre histoire fait bien écho à la tienne. Hébergement collectif, centre de vacances, campement sous la tente. Il y a un peu de tout cela.
Il y a la première fois, les premières fois et il y a la "zéro-ième" fois.
La jeune fille, le jeune femme qu'on a aimé - vraiment aimé, pas un truc à la con pour adolescents pubères - et pourtant avec qui on n'a jamais fait l'amour. Des baisers passionnés, des caresses, osées, des étreintes infinies, des silences bavards (!!!...) des discussions, des promenades et des moments de calme, allongés dans l'herbe l'un à côté de l'autre à regarder le ciel. Et puis, et puis rien, parce que ... Pourquoi d'ailleurs ? Son histoire à soi, son histoire à elle.
Perdus de vue et toujours ce souvenir d'elle, comme la femme idéale qu'on passe sa vie à chercher.
Elle s'appelle Isabelle - non, mec. Rassure-toi, c'est pas ta soeur ! Brune et belle avec ses lourds cheveux bouclés.
D'elle, c'est sûr, je m'en souviendrai, comme si le souvenir de ce qui n'a pas été était plus fort que la mémoire du vécu. (Je te laisse méditer ces trucs à dix sous... ;-) )
Et la dernière fois, alors, "L'ultima donna" de Paolo Conte ? Comment tu l'imagines ?"
D.


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