Et ça sent l'ail frit, me faut fermer la fenêtre. En face un curry se prépare. Cuisinant il se remet à chanter, ces douces mélodies d'amour dont je ne comprends pas un traître mot. J'allumerais bien le chauffage si le radiateur n'avait pas explosé lors du dernier orage... Alors je re-ouvre la fenêtre, mieux vaut laisser l'air chaud et diverses mélodies entrer.
Et puis je me souviens de ce film où une personne se meurt parce-qu'enfermée, une amusante histoire d'une bouteille de Coca qui tombée d'un avion doit être ramenée au bout du monde. Je fais partie de ces gens là et le plafond, pourtant haut, est comme un couvercle. Je n'aime rien tant que les courant-d'air.
Le micro-chat d'à coté arrive, s'installe sur le lit et s'endort instantanément. Ben pourquoi pas... doit-il se dire. Il est mignon et vraiment petit, tout tigré de gris et très gentil. A chaque fois qu'il passe, je lui tends la main qu'il sent et ainsi me reconnaît, tranquillisé, prend ses aises et commence à fureter un peu partout. Pour les chats, l'important c'est le territoire. Ils le parcourent inlassablement, vérifiant que tout est bien à sa place. Ce sont des animaux sociaux avec une vaste mémoire et très sourcilleux.
Je me souviens encore de cette fois où chez mes parents, me levant, je n'ai pas dis bonjour à la chatte de la maison. Elle m'a engueulé et il a fallu une excuse pour qu'elle vienne à moi me faire une caresse! Tout comme moi elle ne supporte pas une porte fermée. Ca désole mon père qui dit craindre les mouvements d'air.
J'adore son attitude patiente et butée lorsque face à une porte elle s'assoie puis finalement la frappe d'une patte en faisant 'meow'. Ou, comme elle a peur de ses congénères du quartier, elle vient entre mes jambes se protéger de l'intrus.
A leur contact, je me sens mammifère, je vois bien qu'on parle le même langage. Même si je ne comprends pas ce qu'ils disent, je comprends leurs émotions, ils font de même avec moi. Je suis fasciné par ce langage sans mots, uniquement basé sur le langage du corps, dont j'ignore la grammaire tout en le pratiquant naturellement, la subtilité, la richesse des échanges entre mammifères. Un jour je suis allé voir des chimpanzés et des bonobos. Il y avait là une mère avec ses trois enfants. Ses gestes étaient troublants. Elle avait exactement la même attention, tendresse envers ses petits qu'une mère humaine. Ils lui firent une blague et elle se mit à rire !
Là j'ai appris, non, le rire n'est pas le propre de l'homme, nous sommes des animaux et ces conceptions deïste ou créationnistes ne sont que faiblesse de l'esprit. Du protozoaire, une simple amibe, nous faisons bien partie d'un continuum, celui du vivant animal. Il serait peut-être bienvenu de respecter un peu mieux nos frères d'animalité. Après je ne m'étonne plus de devenir de plus en plus végétarien (lol).
Et le petit chat dors toujours, serein, sur mon lit.

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